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Que font les gérants professionnels à court terme ?

Que font les gérants professionnels à court terme ?

Alors que les traders particuliers aiment utiliser de l’effet de levier pour jouer des positions court terme et parfois même très court terme comme c’est le cas avec le scalping, les activités des gérants d’actifs sur les marchés sont bien loin du quotidien des spéculateurs particuliers. Que ce soit dans les banques, dans la plupart des fonds ou sociétés de gestion, les opérations de trading court terme n’ont pas l’objectif que nous pourrions imaginer.

Nous verrons dans cet article comment les gérants utilisent les opérations de trading dans le cadre de leur activité. Un point intéressant quand on sait que les sociétés de gestion gèrent plus de 4 100 milliards d’euros rien qu’en France.

Le métier de gérant de fonds

Afin de décortiquer les opérations à court terme des gérants de fonds, il est primordial dans un premier temps de définir le métier de ces acteurs. Un gérant de portefeuille est une personne ou un groupe de personnes responsables de l’investissement des actifs d’un fonds, de la mise en œuvre de sa stratégie et de la gestion quotidienne du portefeuille. Leur activité peut se découper selon divers stratégies et fonctionnements. La gestion peut être active ou passive, lorsque le principe de la gestion active est de surperformer le marché de référence (appelé « Benchmark »). La gestion passive, ou indicielle, cherche elle à reproduire au mieux la performance d’un indice de référence (Dow Jones, DAX 40, CAC 40 etc.). Les gérants peuvent être spécialisés sur une classe d’actifs spécifique, ou gérer un portefeuille dit « multi asset », correspondant à une exposition sur divers types d’actifs, actions et obligations par exemple.

La gestion des fonds peut également être proposée via deux solutions : des fonds ouverts ou fermés. La différence entre ces deux types de fonds concerne principalement la souscription et le rachat du montant investi. Pour un fonds ouvert, correspondant aux fonds communs de placement classiques (il s’agit des solutions les plus courantes), les parts sont négociables et le prix fixé par un valorisateur. Dans le cas des fonds fermés, la souscription est possible pendant certaines périodes uniquement, tout comme le rachat, qui est en général impossible avant la liquidation du fonds. En principe, ces investissements fermés sont accessibles avec des montants investis assez élevés, à contrario des fonds ouverts, pour lesquels il suffit de pouvoir acheter au minimum une part.

Les actions court terme des gérants de portefeuille

L’horizon d’investissement entrevu par les gérants de portefeuille est relativement long, puisqu’ils sont amenés à investir sur le long terme. Il est ainsi particulièrement important de relativiser sur la définition du court terme pour ces acteurs, contrairement à des traders, pour qui le court terme pourrait correspondre à quelques minutes uniquement. Dans cet article, le court-terme correspondra à une prise de position sur la journée. Par ailleurs, il faut également prendre en compte que le trading, tel que l’entendent les investisseurs particuliers, n’est pas exercé par les gérants, hors cas spécifiques tels que pour des Hedge Funds par exemple. Ainsi, nous allons observer distinctement deux types d’opérations, qui sont les ajustements et le trading.

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Quels sont les ajustements que les gérants professionnels réalisent ?

Inflows et outflows

Dans le cadre des ajustements, les Inflows et Outflows sont généralement les plus importants et récurrents. Si les flux du fonds changent, cela reflète souvent une évolution du sentiment des clients. Cela peut être lié à des nouvelles récentes concernant le marché, la société gérant le fonds, ou à des modifications de sentiments généraux. Les changements positifs de flux de fonds notent une augmentation des entrées (Inflow), tandis que les flux négatifs suggèrent une sortie de fonds (Outflow). Contrairement aux fonds ouverts, et comme expliqué précédemment, les fonds fermés ne peuvent connaître d’Inflows ou d’Outflows, puisque leur fonctionnement ne permet pas d’investir ou de désinvestir au cours de la vie du fonds.

Concernant les fonds ouverts, lors d’entrées ou de sorties de liquidités, le gérant doit ajuster les positions au sein de son portefeuille. Avant ce mouvement, le portefeuille était exposé à un certain pourcentage sur divers actifs, ainsi, cette exposition se doit de rester proportionnelle et donc stable post-opération.

Cette possibilité de racheter des parts de fonds peut être problématique dans certains cas quand les investisseurs feraient en sorte de « timer le marché ». Ce mécanisme amène le gérant à ajuster son exposition à chaque mouvement de liquidités. De ce fait, le gérant sera fortement handicapé lors des phases de hausse du marché puisqu’il sera en manque de cash dans une période qui pourrait s’avérer porteuse.

Limites

Du côté réglementaire, les fonds doivent respecter certaines limites, fixées lors de leur création et présentes dans le prospectus du produit financier. Ainsi, elles peuvent par exemple correspondre à une exposition minimale ou maximale sur une certaine classe d’actifs. Les limites sont en général vérifiées quotidiennement afin de rester en règle vis-à-vis des autorités régulatrices. Lorsqu’elles ne sont plus respectées, le gérant se voit dans l’obligation d’ajuster le portefeuille dans un délai opportun. Un fonds mixte peut, par exemple, être limité à une exposition maximale de 70 % aux actions. Le gérant est donc amené à vendre des actions, selon sa vision, sa répartition et d’autres critères incombant à sa gestion, afin de retrouver une part d’actions inférieure à 70 % de l’allocation totale du portefeuille.

Cette opération d’ajustement peut être répétée quotidiennement et autant de fois que nécessaire, notamment lorsque le marché actions évolue positivement, influant sur la proportion de la classe d’actifs au sein du portefeuille.

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Ajustements de fin d’année

La fin d’année est une période primordiale pour les gérants de portefeuille. Dans un premier temps, il faut réaliser un « bilan de santé », afin de reprendre l’année suivante sur de bonnes bases, tout en restant dans la politique initiale et la vision globale du fonds.

L’ajustement principal concerne généralement les taxes et le nettoyage de bilan. Le « Window Dressing » est une stratégie utilisée par les gestionnaires de portefeuilles afin d’améliorer l’apparence d’un fonds avant de le présenter aux clients ou aux actionnaires. Pour ce faire, le gérant vend les actions ayant subi des pertes importantes et achète celles ayant été très performantes, généralement à la fin de l’année (ou d’un trimestre). Ces titres sont ensuite présentés comme étant des actifs du fonds. Ce processus est également l’un des facteurs qui engendre le fameux rallye de fin d’année.

Le Window Dressing permet ainsi de jouer sur la partie taxonomie. En effet, vendre les titres ayant subi une moins-value permet de réduire la performance globale du fonds et ainsi la partie sujette aux diverses taxes.

Quelles sont les opérations de trading des gérants de fonds ?



Transactions FX

Au sein d’un portefeuille, la valeur des investissements est fortement influencée par les variations des taux de change des devises. Les gérants doivent évaluer l’influence que le marché des changes peut exercer sur les actifs qu’ils possèdent et leur niveau d’exposition aux diverses devises. Ainsi, il y a deux solutions principales pour pallier ce problème. Premièrement, le portefeuille peut être totalement sujet aux mouvements du Forex, il n’est donc pas couvert contre ce risque, et ajoute (ou déduit) la performance des devises à la performance globale du portefeuille. La seconde solution est de couvrir son portefeuille avec des contrats à terme. Le fait de couvrir son portefeuille face au risque de change et très souvent utilisé pour les fonds gérés par des professionnels. C’est également dans cette optique qu’ont été créées les classes de fonds pour investir via différentes devises.

Généralement, des contrats forwards sont utilisés pour couvrir le portefeuille. Leur capacité à s’adapter selon les besoins est fortement appréciée. Il est courant de gérer la couverture sur une période d’un ou trois mois. Le premier implique 12 rolls (roulement de contrat) par an et le second 4 rolls. Certains gérants se couvrent de manière plus précise pour chaque actif détenu au sein du portefeuille, ce qui implique un contrat spécifique à chaque holding, augmentant par conséquent le coût global du hedging.

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Switch sur bonds

Dans le cas d’un portefeuille mixte, ou obligataire, le gérant peut être amené à investir dans des obligations. Ces titres obligataires connaissent plusieurs opérations au cours de leur vie. Hormis le coupon classique versé selon la fréquence définie, nous pouvons en rencontrer bien d’autres selon la nature de l’obligation. Par exemple, certaines obligations dites « Callable », peuvent être rachetées par anticipation, ce qui induit une date de maturité plus proche que celle initialement prévue.

Dans un objectif de gestion active, le gérant ajustera la duration selon ses objectifs et sa vue concernant l’évolution des taux d’intérêt. Ainsi, la duration du portefeuille peut être augmentée en remplaçant des obligations à faible duration par des obligations à maturité plus lointaine, ou en augmentant la proportion du fonds investie dans des obligations à longue duration, et vice-versa. Cette opération est appelée le « Duration Switching ». Une action similaire peut être exécutée lorsqu’une obligation arrive à maturité ou est recallée et que le gérant se repositionne sur une obligation émise par la même société en guise de remplacement.

Ces switchs sont généralement causés par des rappels d’obligations, mais il est important de noter que des switchs d’anomalies et politiques peuvent être réalisés. Un switch d’anomalie est un échange entre deux obligations ayant des caractéristiques très similaires mais dont les rendements ne sont pas en phase. Quant aux switchs politiques, il s’agit d’un échange entre deux obligations dissemblables en raison d’un changement anticipé dans la structure du marché.

Les échanges présentés au cours de la première partie sont faits en très peu de temps afin de garder une exposition relativement similaire, tandis que les switch politiques et d’anomalies sont réalisés à la suite d’une analyse du gérant, dans une optique d’optimisation du portefeuille sur le long terme.

L’ajustement d’un portefeuille implique donc le « Switching » ou « Swap » d’obligations. Toutefois, il est devenu rare que les professionnels de la finance utilisent le terme « swap » pour désigner un échange d’obligations, afin d’éviter toute confusion avec les swaps de taux et asset swaps.

Comment s’inspirer des professionnels pour optimiser son trading ?




Concrètement, le travail à court terme des gérants ne peut être défini comme du trading au sens propre du fait de la durée et de l’objectif des opérations. Ainsi, le lien entre trading et gestion de portefeuille est très fortuit pour de nombreux acteurs.

Cependant, les protagonistes du marché, principalement les particuliers, peuvent s’inspirer des actions des gérants, dans le sens où des règles claires sont à définir. Dans un premier temps, des limites d’exposition fixes ou dynamiques peuvent s’avérer intéressantes, afin que le trader puisse rester dans un terrain délimité sans risquer une surexposition par exemple. L’objectif est donc de se rapprocher d’un travail « professionnel », tout en restant efficace avec son approche habituelle.

De plus, le fait de se fixer des conditions d’investissement ou de trading claires permet d’avoir un cadrage permanent, et donc libérer l’esprit de diverses habitudes néfastes ou de réflexions créant une perte d’attention sur les points primordiaux.

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