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Un trade gagnant est-il toujours un bon trade ?

Un trade gagnant est-il toujours un bon trade ?

Alors que l’AMF annonce qu’une majorité de traders particuliers sont perdants sur les marchés financiers, nous allons tenter de décrypter dans cet article les raisons pour lesquelles beaucoup de traders particuliers échouent et notamment pourquoi c’est une erreur de considérer systématiquement un trade gagnant comme un bon trade.

Pourquoi les traders sont majoritairement perdants ?

Comme différentes enquêtes nous l’ont déjà maintes fois révélé, la plupart des traders particuliers échouent tôt ou tard dans leur entreprise. Ceci s’explique, entre autres choses, par le fait qu’ils accordent souvent davantage de crédit à une seule statistique : le taux de réussite, c’est-à-dire le ratio [nombre de trades gagnants/nombre de trades perdants].

Exemple : 10 trades avec, 7 gains et 3 pertes = Taux de réussite : 70 %

Mais un taux de réussite élevé est-il l’assurance d’une stratégie gagnante ? Non. Un taux de réussite proche de 100 % pourra même être considéré comme suspect en matière de gestion du risque.

Gagner fréquemment est certes confortable, mais comprendre les risques impliqués demeure essentiel pour mesurer la pérennité d’une telle activité.

De nombreux trades gagnants sont ainsi régulièrement accumulés au fil des séances par des stratégies de trading toxiques qui finiront par réduire les capitaux de leurs propriétaires à néant en seulement quelques opérations, comme par exemple sur la paire EUR/CHF en 2015, sur le pétrole en 2020 ou plus récemment encore sur le Bitcoin.

Depuis quelques mois, on observe une recrudescence de martingales sur les plateformes de copy trading. Ces stratégies risquées ne prévoient pas de protection du capital, pourtant elles attirent les foules en accumulant des profits de plus en plus conséquents sur des paires telles que l’AUD/CAD, le NZD/CAD ou l’AUD/NZD, habituées à évoluer horizontalement. D’une façon ou d’une autre, cela se terminera mal.

Qu’est-ce qu’un bon trade ?

Bien entendu, il est à l’inverse tout à fait possible, voire même fréquent parmi les hedge funds, de dégager des bénéfices en réalisant une quantité industrielle de trades perdants pour une poignée d’opérations positives.

Perdre petit souvent, mais gagner gros de temps en temps.

En statistiques, l’espérance de gain mathématique E se mesure de la façon suivante :

E= Taux de réussite * (gain moyen/perte moyenne)

À titre d’exemple, prenons une stratégie de trading avec un taux de réussite de seulement 30  %, un gain moyen de 2 % et une perte moyenne de -0,5 %, alors l’espérance de gain mathématique est la suivante :

E= (30 % * 2 %) – (70 % * 0,5 %) = 0,6 % – 0,35 % = +0,25 % en moyenne par trade

Taux de réussite faible, stratégie gagnante. Chaque trade recommandé par cette stratégie pourra donc être considéré comme un bon trade, peu importe son résultat.

Qu’est-ce qu’un bon trade ? Cas pratique

Comme ces équations peuvent paraître abstraites, prenons l’exemple simple d’un jeu à pile ou face avec une pièce de monnaie. On vous propose le trade suivant : gagner 10 EUR sur pile, payer 8 EUR sur face, allez-vous investir ? En principe, vous devriez puisque vous avez :

  • 50 % de chances de gagner 10 EUR ;
  • 50 % de chances de perdre 8 EUR.

Votre espérance de gain mathématique est donc la suivante :

(50 % * 10) – (50 % * 8) = 5 – 4 = +1 EUR en moyenne par lancer

C’est incontestablement un bon trade.

Allez-vous pour autant gagner à coup sûr ? Évidemment non. Si la pièce retombe côté face, vous perdrez 8 EUR, tout en ayant effectué un bon trade, c’est-à-dire un trade statistiquement profitable sur le long terme.

Prenons un autre exemple avec un dé (non pipé).

On vous propose désormais de vous payer 30 EUR si le dé s’arrête sur 1. En revanche, vous devrez payer 5 EUR à chaque fois que l’un des 5 autres chiffres apparaît. Allez-vous jouer ? Pour le savoir, calculons à nouveau l’espérance de gain mathématique :

(1/6*30) – (5/6*5) = (30/6) – (25/6) = 5/6 = +0,83 EUR en moyenne par lancer

Avec un profit attendu de +0,83 EUR par lancer, impossible de contester la profitabilité de cette opportunité et vous devriez bien entendu jouer autant de fois que possible.

Imaginons maintenant que les dix premiers lancers donnent 5-4-4-5-6-2-3-5-4-2, votre adversaire empoche rapidement 50 EUR (10 fois 5 EUR) à vos frais et décide d’arrêter la partie.

Avez-vous eu tort de jouer ? Non, car vous avez agi de manière rationnelle en réalisant 10 bons trades. Votre adversaire a eu de la chance sur le court terme en effectuant 10 mauvais trades, mais sa stratégie reste mathématiquement perdante sur le long terme.

Pour évaluer si un trade est bon ou non, il est par conséquent primordial de juger l’approche statistique et non le résultat.

Notons que, comme nous l’enseigne la loi des grands nombres, plus le nombre de lancers sera grand, plus le résultat dégagé se rapprochera de l’espérance.

Comment le trading quantitatif peut-il être une solution ?




Cet aspect est important à intégrer en trading afin d’être capable d’appréhender les mauvaises séries avec davantage de sérénité et ainsi éviter de « sauter » d’une stratégie à l’autre aux pires moments.

Sans toujours s’en apercevoir, la plupart des traders particuliers, lorsqu’ils interviennent sur les marchés financiers, s’appuient sur une analyse de type quantitative. Ils collectent et décortiquent des données, le plus souvent graphiques (historiques de prix, indicateurs techniques, S&R, etc.), pour établir des statistiques et des modèles potentiellement rentables à l’avenir.

En dehors des risques d’optimisation, source de nombreuses désillusions (mais c’est un autre sujet), la démarche est plutôt bonne.

Avec un plan de trading précis et une gestion du risque cohérente, leur capital, à défaut de progresser à coup sûr, devrait bénéficier d’une certaine stabilité et écarter les risques liés aux biais cognitifs.

Alors pourquoi finissent-ils par échouer, et parfois par tout perdre ? Certaines séries de pertes peuvent s’éterniser. Épuisé mentalement, il est plus facile de s’éloigner de ses objectifs initiaux et de tout remettre en question pour tenter de se refaire rapidement. Ces erreurs sont malheureusement fréquentes et émergent toujours aux dépens des règles élémentaires de rigueur initialement établies et destinées à assurer la protection de son capital.

Au fond, ce qui distingue un trader gagnant d’un trader perdant sur le long terme, c’est sa capacité à traverser les périodes de pertes avec sérénité. Un trader qui sait rester méthodique ne gagnera pas toujours, mais il ne servira jamais son capital sur un plateau à des marchés à l’affût du moindre dérapage émotionnel.

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